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Jebel Shams, majestueuse montagne et routes vertigineuses

  • 4 avr. 2018
  • 4 min de lecture

2 mars: après un stop ravitaillement pléthorique au Carrefour de Sohar (la fête! tout est super bon marché, pas de TVA - une tablette pour Erika, une pochette pour le pc, des pâtisseries de dingue - à la française - pour 3 petits déj au moins, du pain pita de ouf aux graines hmmmm, fromage frais, herbes, tomates, concombres), nous prenons la route désertique vers Ibri puis Bat, où les colonnes funéraires de la nécropole ne nous font pas grande impression… On bifurque vers l'Est pour Jebel Shams, et, au gré des lacets pentus, arrivons dans la VRAIE montagne, rude et grandiose. La balade de 8km AR dans la montagne baignée de soleil surplombant le 2ème plus Grand Canyon du monde (le wadi Guhl), sur un sentier pierreux à flanc de montagne, petit vent frais, soleil éclatant, est géniale ! Rencontre avec Florent & Aurélia et Louise, Jeanne et Thimotée qui eux aussi se sont fait 1 an de voyage il y a 3 ans et habitent maintenant Dubai. Pic-nique improvisé ensemble, super sympa, les filles ne veulent plus se quitter. Et pourtant… ! C'est ça le voyage, des rencontres furtives ou répétées, certaines agréables, d'autres carrément marquantes, et jamais pour très longtemps, mais qui sait…

Après avoir eu un aperçu de la bible des 4x4, le "Oman off-road" (ce pays est fait pour les 4x4 ; le nombre de routes grandioses "4x4 only" que nous aurons sillonnées… quelle frustration de ne pas s'y plier !!), nous partons finalement vers le Snake canyon (on a encore de quoi ripailler). Sur le chemin on s'arrête au vieux village de Al Hamra, plein de poésie et d'histoires mystérieuses avec ses maisons de terre de style yéménite à moitié écroulées et jardins de verdure séparés par des murs de terre suivant des falajs. Manu piaffant de se retrouver à nouveau en pleine nature, nous ne nous attardons pas dans le village.

Route grandiose et superbe qui nous mène dans une montagne noire, rouge et verte (oxydes de fer et cuivre), dure et pierreuse. La route est raide, puis se transforme en son point le plus haut (2900m) en piste sablonneuse toujours plus pentue en descente, nous livrant des paysages et des perspectives incroyables et splendides au soleil couchant… bientôt couché ! On s'installe de nuit sur un promontoire rocheux au point de vue à couper le souffle en pleine montagne. On dort avec les polaires/ duvets. On se fait un thé à la menthe, parfait pour la réhydratation (cette habitude nous suivra tous les soirs désormais, idéale dans ce type de climat, procurant d'abord le petit coup de chaud puis le plaisir de déguster cette boisson au goût paradoxalement frais…).

23 mars : On reprend notre descente abrupte au petit matin en serrant les fesses en pensant au retour... CP va-t-elle réussir à monter ces pentes sableuses "4x4 only" (les panneaux ne nous rassurent pas) à plus de 20 degrés d'inclinaison, qui font clairement peiner même leurs land cruisers locaux ? Franchement, pas évident ! Cette route est réservée aux 4x4, ok nous sommes 4x4, mais sans boîte courte... bref, on y est, donc on va jusqu'au bout. En suivant un superbe falaj géant qui descend la montagne, nous arrivons à un trou d'eau verte dans la roche, palmier gardant le trou. On s'y arrête, Erika et moi commençons à nous aventurer dans l'eau qui nous arrive vite à la poitrine ; je dis à Erika de se mettre en maillot... pas le temps d'aller très loin, Manu se fait sermonner (voire menacer) par un local qui lui demande de manière très agressive s'il n'a pas d'yeux et s'il n'a pas vu l'interdiction de baignade (Manu n'est même pas dans l'eau, mais c'est lui qui trinque) et nous désigne par un "c'est quoi ça ?"… Il finit par dire que si on veut se baigner on doit lui demander et c'est 50rials (soient 100€! Haha). Bref, on comprendra plus tard que c'est vendredi et que le maillot de bain, même sur une petite fille, le vendredi, ce n'est pas acceptable et peut mettre nos sympathiques omanais de très mauvaise humeur !

On continue notre route somptueuse de l'impossible et on arrive au pied du snake canyon. Là on se fait héler par 2 françaises enthousiastes et incrédules devant notre plaque française ici ! Nous ferons une superbe balade / grimpette entre deux falaises avec Françoise et Marilyn jusqu'au petit village perché de Bilad Sayt avec une vue sublime sur des cultures en terrasses aux pieds des monts crayeux. Nous profiterons ensuite laaargement de leur taboulé et cake maisons délicieux et de leur bonne humeur communicative pour un pique-nique improvisé avec les chiens (ceux de marilyn) et les chèvres sous un arbre.

Nous enfourchons CP pour la route du retour, un peu fébriles... nous prenons des pentes qui nous semblent quasi verticales, avec épingles à cheveux et substrat sablonneux, en mode 4x4 (c'est écrit on vous dit!) et en ne quittant pas la première, jetant des coups d'œil émerveillés aux panoramas qui s'offrent à nous et inquiets au dénivelé suivant. 5 km de montée ardue, Charlie Popette crante et ripe plusieurs fois, mais Manu fait preuve d'un pilotage de plus en plus expert et... ça passe !! Nous voilà arrivés au sommet de cette route vertigineuse (sans doute la montée la plus raide et la plus longue du voyage), soulagés et fiers de notre monture, pour une descente détendue vers Jabrin où nous admirons de l'extérieur le château et les ruelles bordées de maisons et jardins de palmiers dattiers.

Les voûtes célestes de ces montagnes sont somptueuses et sans fin. Bivouac dans une sorte de cirque-wadi entouré de montagnes ocres roses à la lumière du soir, splendide ! Je sors plusieurs fois dans la nuit pour admirer le ciel : la carte des étoiles bouge à chaque fois, la grande ourse, Orion qui disparaît... impressionnant, on dirait que quelqu'un fait défiler à la manivelle un décor astral entre les silhouettes des montagnes !

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